Islam in Thailand

L'Islam en Thaïlande

The texts from this page are from Michel GILQUIN, a specialist of Muslim societies, is associated researcher at the Centre d’Études en Sciences Sociales et Humaines Jacques Berque in Rabat, Morocco. A permanent contributor to the Cahiers d’Études de la Méditerranée Orientale et du Monde Turco-Iranien (CEMOTI). He has been a frequent visitor to Thailand since the early 1990s.

Everybody knows Thailand is a Buddhist country. Few however are aware that the kingdom has been a member of the Organization of the Islamic Conference with observer status since 1998 and that a number of muslim personalities sit at the highest rungs of the state apparatus. Indeed, the muslim community accounts for 8 percent of the country’s population. Muslims form the majority in four southern provinces and are increasingly visible in Bangkok, where their numbers keep growing.

Where and how did Islam in Thailand originate? How have the muslims integrated into the Thai nation? What are the main features of their reaffirmed identity within a country widely exposed to the effects of globalization? In a part of the world – South and Southeast Asia – where the peoples within the Islamic tradition have a demographically overwhelming presence, can the muslims of Thailand act as a link between the Lotus and the Crescent? How serious are separatist tendencies in the Deep South? The latest book of Michel Gilquin (The Muslims of Thailand) attempts to provide answers to these questions, particularly topical at a time when the image of muslim societies, in Thailand as elsewhere, is sullied by the resurgence of reactive behaviours that may lead to radicalization. The muslims of Thailand offers a mixture of thoroughly researched, well-documented, up-to-date and pithily argued exposés and lively, didactic presentation that aims to appeal not only to the specialist but also to the wider public concerned with essential topics of relevance here and now.

 

Les textes de cette page sont d'un spécialiste des sociétés musulmanes, Michel GILQUIN qui est chercheur associé auprès du Centre d'Études en Sciences Sociales et Humaines Jacques Berque de Rabat. Collaborateur permanent des Cahiers d'Études de la Méditerranée Orientale et du Monde Turco-Iranien (CEMOTI), il se rend régulièrement en Thaïlande depuis le début des années 90.

L'image emblématique de la Thaïlande, c'est celle, omniprésente, des statues de Bouddhas, des temples aux couleurs vives avec leurs chedis dorés se reflétant dans rivières et canaux, des processions de bonzes en robe safran cheminant dans le petit matin en quête d'oboles… Cependant, le voyageur qui a séjourné à Koh Lanta, à Krabi ou même à Phuket, a pu être étonné qu'une bonne partie des habitants, voire parfois la quasi-totalité dans certains villages, sont de confession musulmane. A Phuket, è intervalles réguliers, l'appel du muezzin pour la prière rebondit, de minarets de mosquées en cimes de cocotiers…
Plus près de la frontière malaysienne, où les musulmans constituent l'écrasante majorité, les échoppes portent souvent, à côté des enseignes en thaï, des écriteaux en alphabet arabe : il s'agit du yawi, dialecte local malais qui a conservé l'ancienne forme d'écriture, sacralisée par son origine coranique ; l&eagrave;, le hidjeb fait partie de l'uniforme des écolières, tandis que les garçons sont en pantalon et non en short comme dans les autres régions du pays.
Le back-packer en quête d'un trek dans la jungle du nord remarquera-t-il, dans certaines guest-houses de bourgades comme Pai ou Fang, quelques discrètes calligraphies de la " fatiha " (profession de foi) ou une photographie jaunie de la Ka'aba épinglées au mur ? Notera-t-il, sur les marchés, que la plupart des marchands de viande bovine arborent à l'angle de leur étal une étoile et un croissant ? Que dans nombre de food stalls en plein air, le porc est absent des bols de nouilles ou des soupes pimentées qui leur sont proposées ? Que même de grandes chaînes internationales de restauration s'appliquent à apposer sur leur devanture un modeste autocollant vert indiquant que la nourriture y est halal ?
Enfin, à Bangkok, ses vagabondages l'amèneront-ils à repérer, dans presque chaque quartier, le bulbe d'une mosquée nichée au fond d'un soï, ou même, dans la périphérie, un des nombreux chantiers annonçant l'érection imminente d'un nouveau lieu de culte pour les fidèles de la religion du Prophète ? Enfin, apprendra-t-il, notre voyageur, que l'actuel Ministre de l'Intérieur est issu de cette minorité religieuse du Royaume, de même que, dans le gouvernement précédent, le titulaire du portefeuille des Affaires Etrangères ?
La Thaïlande est connue pour être une terre de tolérance. La culture siamoise, étroitement liée au bouddhisme theravada, qui a cristallisé l'identité de ce peuple au point d'en faire un des piliers de la nation moderne thaïlandaise, n'est pas exclusive d'autres cultures qui se sont développées soit sur ses marges territoriales, soit même en son sein.
Dès la période d'Ayutthaya, le Siam a accueilli des immigrants d'origine persane, qui furent à l'origine de la présence de l'Islam dans le Royaume ; certains devinrent de hauts personnages de la Cour, influençant, entre autres domaines, son architecture…
Si, aujourd'hui, l'écrasante majorité des musulmans du Royaume sont des descendants de Malais thaïcisés, surtout concentrés dans la partie méridionale du pays, d'autres, épars, ont des ascendances bengalies, (ainsi que d'autres régions de l'Inde), chams (originaires du Cambodge), chinoises du Yunnan, etc… Leur présence est la conséquence des apports multiples de populations islamisées tout au long de la fameuse route de la soie mais aussi et surtout à partir des comptoirs jalonnant la route des boutres entre Inde et archipel de la Sonde. La diversité des origines ethniques et la diversité des manières de se référer à la foi et à la culture musulmanes constituent un des traits marquants des musulmans de Thaïlande, bien qu'aujourd'hui on assiste à une réaffirmation plus " normalisée " de la référence à l'Islam.
Seconde minorité du Royaume après les sino-thaïs, forte de plus de 5 millions de fidèles, la communauté musulmane tente de s'intégrer à l'ensemble de la nation thaïlandaise tout en réaffirmant ses attributs spécifiques. Le fort exode rural en fait désormais une des composantes de la population des grandes villes, tout particulièrement de Bangkok.

Quelles sont les origines de l'Islam dans le royaume ? Comment les musulmans se sont-ils intégrés à la nation thaïlandaise ? Quels sont les termes de la réaffirmation identitaire de cette minorité au sein d'un pays sensible aux effets de la globalisation ? Dans une Asie du Sud-Est où les peuples de tradition islamique pèsent d'un poids important, les musulmans de Thaïlande peuvent-ils jouer le rôle de trait d'union entre le Lotus et le Croissant ? Le dernier ouvrage de Michel Gilquin tente de répondre à ces questions, particulièrement importantes à un moment où l'image des sociétés musulmanes est, en Thaïlande comme ailleurs, brouillée par l'essor des attitudes réactionnelles génératrices de radicalisation.

Bibliographie sur l'Islam en Thaïlande et publications de Michel Gilquin

Les Musulmans de Thaïlande
15,20 Euros

IRASEC: Institut de Recherche sur l'Asie du Sud-Est Contemporaine, Research Institute on Contemporary Southeast Asia

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